Courir dans Paris me fait découvrir la ville autrement. C’est une autre façon d’habiter et de traverser la ville. Il se dit pourtant que la course à pied devient une case incontournable à cocher pour le citadin en quête de développement personnel. Voilà de prime abord un élan difficilement sanctifiable ?

En fait, je crois que la course dans les rues familières peut se vivre comme une prière en mouvement. À vive allure, des rues, des quais, des jardins comme autant de lieux bien séparés au quotidien se relient. En même temps, l’effort vécu comme une offrande ouvre le regard et dispose à la rencontre : je remarque des visages, des contrastes, des détails nouveaux.

Les rendez-vous annuels de course collective d’inspiration chrétienne sont des moments propices à la communion fraternelle. Par exemple, la course des paroisses Holy Games lancée par l’Église de Paris au moment des Jeux Olympiques de 2024. Nous commençons par écrire chacun une intention particulière sur un bout de papier avant le top départ. Puis nous courons ensemble, portés par les encouragements des passants, et nous croyons que cette prière collective multiplie les grâces.

Après la ligne d’arrivée, il y a la fatigue et de la gratitude, pour ce moment partagé, pour l’union de nos prières, pour notre présence au cœur de la ville.

Philippe Toriello (Ami des Fraternités de Paris)