Pax – Shalom – Salam…

Trois mots gravés sur le socle du « Roc de Lumière » qui souhaite la bienvenue à tous ceux qui arrivent à Magdala. 

Placé discrètement à droite de l’allée qui mène à ce havre de paix qu’est Magdala, ce Roc rappelle qu’entre mai 1991 et novembre 2006 ce lieu était un témoin privilégié des rencontres de prière et de dialogue entre chrétiens, juifs et musulmans qui se disaient tous « Enfants d’Abraham ».

Conçu par un poète juif, Jean Illel, et sculpté par une chrétienne, Hélène de Laage, il a été inauguré le 11 juin 2005. Évocateur du Rocher du désert que frappait Moïse pour en faire jaillir l’eau, il fait penser à cette soif de tous les croyants qui désirent s’abreuver aux sources de la paix.

Une flamme de lumière, trois visages et six mains qui se joignent dans un geste d’amitié et de paix…

Le soir de l’inauguration de ce Roc de Lumière, frère Pierre Cuperly en donnait ce commentaire :

« Pour reprendre un mot du Père Christian de Chergé, moine de Tibhirine, chacun de nos visages, tourné vers ce Roc, pourra voir « l’en-visagé » de l’autre, son frère, comme dans un miroir. Puisse-t-il devenir, dans cette réfraction, « l’en-visagé » de l’Autre, dans ce Face à face. On est tenté d’écrire ce mot à la fois au singulier et au pluriel ! De quelque côté que je me tourne – et c’est bien le cas pour ce Roc de Lumière – je ne vois que la face de Dieu. « Dieu est une Face sans nuque », dit un soufi, et c’est bien le cas pour ces trois visages.

Élancement vers l’en-haut, le ciel, assise solide sur un socle, lui-même bien posé sur la glaise de notre sol ; discrétion et presque effacement des visages ; les mains – quel symbole parlant pour l’homme – disent souvent ce que la bouche ne peut dire. Quand les visages sont tournés à la fois en hauteur et en vis-à-vis de nous qui les regardons, il faut que les mains  qui veulent exprimer un message unanime, se joignent dans une ligature qui les libère : elles ne seront donc pas juxtaposées, mais réunies. De quelque côté que l’on se tourne, on voit les mains qui se tiennent : dans un enlacement ?, davantage, dans un entrelacement, pris lui-même dans un élancement.

Le socle, c’est aussi des marches que symboliquement et spirituellement, il faut monter. De quelque côté que l’on se trouve, elles sont des paliers pour accéder, au terme, au Roc de Lumière. (…) Au bas du Roc, une porte est ouverte. Le monument a été orienté ainsi pour qu’en arrivant, on soit comme invité à entrer. C’est une porte basse, la porte de l’humilité. Elle aussi a un message à nous dire : la lumière du soleil qui fait briller ce roc lumineux, est l’image d’une lumière plus intérieure qui doit pénétrer au plus profond de nos cœurs et faire que notre être tout entier devienne « roc de lumière ». »

Puisse ce Roc de Lumière, témoin de la fraternité et symbole de l’aspiration de tous les peuples à la paix, nous inspirer encore aujourd’hui au cœur de ce monde déchiré par les conflits et les guerres. Que, par la grâce de Dieu, notre terre devienne une terre d’amitié et de concorde, où chaque peuple trouve respect et paix.

Sœur Rafala (Fraternité de Magdala)