Car ainsi m’a parlé le Seigneur : « Va, place un guetteur : ce qu’il voit, qu’il l’annonce !
S’il voit un char attelé de deux chevaux un attelage d’âne ou de chameau, qu’il fasse attention, qu’il redouble d’attention ! »
Et le veilleur a crié : « Au poste de guet, Seigneur, je me tiens tout le jour. À mon poste de garde, je reste debout toute la nuit.
Voici ce qui vient : sur un char attelé de deux chevaux un homme qui parle et dit : “Elle est tombée, Babylone, elle est tombée, et toutes les statues de ses dieux gisent par terre, brisées.” »
À vous, fils de mon peuple, qui êtes battus comme les grains de mon aire, ce que j’ai entendu de la part du Seigneur de l’univers, Dieu d’Israël, je vous l’annonce.  Proclamation sur Douma. Une voix me crie de Séïr : « Veilleur, où en est la nuit ? Veilleur, où donc en est la nuit ? »  Le veilleur répond : « Le matin vient, et puis encore la nuit… Si vous voulez des nouvelles, interrogez, revenez. »

Isaie 21, 6-12

Le Seigneur donne des ordres : « va », « place un guetteur », « ce qu’il voit, qu’il l’annonce ». Il n’y a pas de doute : le guetteur verra et il devra l’annoncer (c’est une mission). Le veilleur doit être vigilant, il doit même redoubler « d’attention ! ». Le Seigneur a demandé que le guetteur annonce ; non seulement il annonce, mais il « a crié », nous précise le texte. Nous apprenons que le veilleur guette « tout le jour », mais aussi qu’il « reste debout toute la nuit », c’est-à-dire qu’il veille tout le temps.

Et voici ce que voit le veilleur : un homme qui parle et dit que Babylone est tombée et il l’annonce aux fils du peuple. En dépit de cette veille et de l’annonce qu’il en a faite, une voix crie, à deux reprises : « Veilleur où en est la nuit ? ». Le veilleur répond à ce cri : « Le matin vient, et puis encore la nuit… ». Il y a donc un espoir : le jour va se lever, mais il sera suivi d’un nouveau coucher ; ce n’est donc pas fini ! Aussi comprenons-nous que le passage se termine par ces mots : « Si vous voulez des nouvelles, interrogez, revenez. »

Ce passage du livre du prophète Isaïe ne décrit-il pas la vocation de tout chrétien et, a fortiori, celle de toute personne consacrée à Dieu ? Toute notre vie n’a-t-elle pas vocation à devenir une veille ? Veille dans la liturgie : le Seigneur est là … et Il va venir. Veille dans la prière personnelle, notamment dans l’oraison : Il est là et Il vient. Veille dans la lecture de la Parole de Dieu, dans la lectio divina : c’est le Seigneur qui, par l’Esprit Saint, nous parle et désire que nous ouvrions les oreilles de notre cœur pour L’écouter et comprendre toujours davantage ce qu’Il veut nous dire. Veille dans la rencontre de nos frères les hommes (dans la ville, dans les transports en commun, au travail, …) en qui nous pouvons voir un reflet de la présence de Dieu (reflet, car le Seigneur est tellement plus présent en eux que ce que nous entrevoyons !). Veille pendant nos journées de « désert » pendant lesquelles nous allons à l’écart pour demeurer avec Lui dans une relation toujours nouvelle : Il est déjà là et Il ne cesse d’advenir. Veille le matin, au commencement d’un jour nouveau … et veille le soir, au commencement de la nuit et du grand silence et, pourquoi pas, veille tout au long de nos jours et de notre vie ? Il est là, présent, comme avec les disciples d’Emmaüs et, cependant, ne sommes-nous pas de temps en temps, peut-être même souvent, ailleurs ?

Nous entrons dans le temps de l’Avent. Le Seigneur vient, sa venue est plus certaine que celle de l’aurore. « Oui, mon retour est proche ! » Amen, viens, Seigneur Jésus ! (Ap 22,20)

Frère François-Marie de la fraternité de Strasbourg