« L’Écriture n’a-t-elle pas dit que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village où était David, que doit venir le Christ ? », disaient – selon l’évangéliste Jean (Jn 7,42) – certains dans la foule après que Jésus eut promis l’eau vive à ceux qui croiraient en lui, à Jérusalem. De même, les grand prêtres et les scribes, à qui Hérode avait demandé où allait naître le « roi des Juifs », avaient répondu : « A Bethléem de Judée » (Mt 2,6). Pour fournir cette réponse, ils se fondaient sur une parole du prophète Michée : « Et toi, (Bethléem) Ephrata, le moindre des clans de Juda, c’est de toi que me naîtra celui qui doit régner sur Israël » (Mi 5,1). La venue du Sauveur à Bethléem était donc attendue ; les prophéties, connues. Pourtant, elles ne furent pas reconnues. Les auditeurs du Christ dans le quatrième Évangile utilisaient cette prophétie comme argument contre la messianité de Jésus, que tous croyaient né à Nazareth (cf. Jn 1,45-46). Quant aux contemporains d’Hérode le Grand, au moment de la naissance du Christ, ils cherchèrent le sens de la prophétie, mais ce fut pour essayer d’empêcher qu’elle se réalise, au prix de la vie des enfants nouveau-nés de la région.
En fait, ceux qui ont accueilli le Christ à sa naissance, ce ne furent pas ceux qui savaient, mais ceux qui se sont laissé surprendre. En Matthieu, les mages, mis en route et en recherche par l’apparition d’une étoile. Et en Luc, pour tout de même rendre justice aux habitants de Bethléem, les bergers de cette ville, qui vinrent célébrer le nouveau-né alors que d’autres l’avaient écarté.
Nous sommes nous-mêmes en attente, mais parfois nous sommes rendus malvoyants par ce que nous croyons savoir, ou même par ce que nous savons véritablement, de Dieu et du Christ. Comme les bergers, comme les mages, ayons cette disponibilité de cœur, qui nous le fera véritablement reconnaître, quel que soit le mode de sa manifestation.
Sœur Constance (Fraternité de Paris)



