En 2025-2026, les professes temporaires ont travaillé sur le thème « Impasses et ressources de la relation ». L’année de formation s’est terminée par une session à Cologne dont vous avez eu quelques échos dans la dernière Lettre de Jérusalem. A l’occasion de cette nouvelle Lettre, elles répondent à nos questions sur ce qu’elles ont vécu et découvert.

  • Lors de la session à Cologne, vous avez vécu une « fresque de la vie affective et relationnelle en communauté ». Vous lui avez donné le titre : « tensions de vie dans la pâte humaine ». Peux-tu nous expliquer ce choix ?

Ce titre est très significatif pour nous. En parlant de tensions, nous soulignons la complexité de nos relations fraternelles, les nœuds qui s’entremêlent dans les situations concrètes de nos relations. En parlant de vie, nous reconnaissons que la vie veut jaillir et croître au cœur même de ces tensions, si elle est enracinée dans notre fondement : nos besoins et nos valeurs. En parlant de pâte humaine, nous pensons que ces tensions de vie s’incarnent dans notre humanité, dans notre chair et dans tout ce qui fait nos relations fraternelles et affectives. Au fond, ce titre représente un chemin de vie, un arbre qui croît jusqu’à Dieu. 

  • Une pâte qui ne connaît aucune tension ne lève pas — elle reste plate, sans vie. De quelle tension parle-t-on ? En quoi est-elle nécessaire dans la vie relationnelle ?

Pour nous, il s’agit de la tension entre la simplicité et la complexité, entre mes propres besoins et ceux de mes sœurs. Tout se joue dans cette tension, ainsi que dans la manière de gérer cette tension, personnellement, communautairement et dans l’institut. Les leviers et possibilités d’actions donnent une impulsion, une voie de sortie par le haut, pour que, de cette tension, ou ces tensions, surgissent une vie, une simplicité, un horizon élargit, une vie fraternelle, relationnelle et affective plus belle, plus lumineuse et plus paisible.

  • Lors de la session de fin d’année, vous avez exploré la notion de besoin. Quel regard nouveau portes-tu sur cette notion ? En quoi cela éclaire-t-il ta vie relationnelle en communauté ?

Nous avons particulièrement exploré la notion de besoins durant notre formation sur la Communication Non Violente (CNV). Au fond, un besoin, c’est une pulsion de vie, quelque chose d’universel et de fondamental qui nous fait tendre vers la vie. En faisant connaissance avec mes propres besoins, je parviens beaucoup plus facilement à trouver une juste manière de m’exprimer, d’agir et de me relationner avec mes sœurs. De là, je peux me questionner sur ma manière de satisfaire ou non mon besoin, tout en étant attentive au besoin de l’autre à mes côtés.

Sœur France (Fraternité de Montréal)